AESH : du jamais vu au rectorat !

Une trentaine d'AESH reçus en audience au Rectorat de Rouen ce mercredi 9 octobre.

On était plus de 70 face à la grille, comme d’habitude, les services du Rectorat avaient prévu une petite salle pour recevoir 5 ou 6 personnes, mais il n’en était pas question pour l’intersyndicale qui venait soutenir les AESH. Tous ceux qui voulaient entrer ont pu le faire, c’était à la mesure du problème :

Un mois et demi de travail sans salaire ni contrat ! SUPPRESSION DES SERVICESDans le secteur privé, ce serait l’arrêt de travail immédiat. Mais les AESH aiment leur travail, considèrent que c’est important de ne pas manquer une journée d’aide pour l’élève en difficulté. En plus leur contrat est précaire, les mettant en situation de fragilité face à la hiérarchie.

Cette situation est intolérable, on peut utiliser le mot, en plus il a été employé par le secrétaire général du Rectorat qui a présenté les excuses de l’administration et affirmé une volonté que cela ne se reproduise jamais.

Tous ceux qui souhaitaient s’exprimer ont pu le faire :

  • Témoigner de leur difficulté d’existence au quotidien quand on est une femme seule élevant des enfants pour gagner 700 euros par mois et que le salaire n’arrive pas ; les agios à payer, les interdits bancaires, l’angoisse du lendemain pour payer son loyer.
  • En l’absence de salaire ou de contrat, on a besoin d’une attestation pour ne pas être radié de pôle emploi mais les services de la DAPAEC disent qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper.
  • Ceux qui attendent un CDI depuis 13 ans mais les 6 ou 7 années faites comme AVS ou CUI ne comptent pas pour la cédéisation car ce sont des contrats de droit privé, on redémarre à zéro !
  • Personne au bout du fil à la Dapaec, ceux qui parviennent au final à obtenir un interlocuteur voient parfois leur situation s’améliorer en obtenant un acompte après de nombreuses heures d’efforts, pour les autres, le scandale continue.
  • on exige de ces personnels de se former le mercredi ou pendant les vacances sous la menace d’être licenciés alors que certains(es) ont un deuxième travail pour boucler la fin du mois !

L’administration ne s’est pas appesantie sur l’origine des problèmes, en partie nationaux avec l’arrivée d’un nouveau logiciel très compliqué juste à la rentrée, ce qui n’a pas permis aux personnels du rectorat de se l’approprier. Les personnels chargés de la paye sont très peu nombreux et ont été aussi impactés par la réorganisation des services qui fonctionnaient déjà mal dans l’académie de Rouen.

Les solutions :

  • on recherche activement tous ceux qui n’ont pas encore été payés, signaler sa situation d’urgence. Les AESH des lycées-collèges sont gérés par le lycée Flaubert avec le problème du recrutement par l’établissement. Dans le premier degré, la gestion est départementale par Pégase.
  • pour tous les contractuels, enseignants, AED et AESH (10% des effectifs), l’usage est de donner une avance fin septembre correspondant à 90% du salaire, le reste est ensuite régularisé. Peut-on parler d’avance quand elle arrive mi-octobre ?
  • Une aide sociale est possible, la demander à l’assistante sociale, ce n’est que 300 euros, mais c’est en plus du salaire à venir. Un fonds pourrait être activé pour indemniser les personnes qui auraient subi des agios ou autre conséquence financière qui n’étaient pas de leur fait (ce sera à vérifier, le mieux est de faire la demande en apportant les preuves.)

  • L’absence de contrat semblait poser moins de problème pour les responsables du rectorat, la priorité est que le salaire arrive, le contrat suivra en son temps, c’est quand même illégal
  • Sur les années de d’AVS qui ne comptent pas pour la cédéisation, il a été question d’une VAE, c’est très flou et compliqué à mettre en place mais c’est un domaine dont on pourrait s’emparer. Les personnes qui ont une longue expérience devraient être reconnues pour cela.
  • enfin, un groupe de travail sera mis en place en novembre avec les syndicats et des AESH pour tenter d’améliorer les liens entre les différents protagonistes : savoir quel interlocuteur avoir selon le bassin d’emploi, obtenir tous une adresse mail etc. Encore du travail en perspective pour mettre de l’huile dans les rouages et s’assurer que les AESH ne sont plus la dernière roue du carrosse !