Fusion des académies de Caen et Rouen Le Sgen-CFDT dit NON

Depuis le 31 janvier, date à laquelle JM Blanquer a annoncé l'exception Normande, les syndicats Sgen-CFDT Haute et Basse-Normandie sont mobilisés avec les personnels et l'ensemble des organisations syndicales pour dire "Non à la fusion".

Contrairement au reste de la France, la décision de stopper les fusions des rectorats ne s’appliquera pas en Normandie.

Suite à un sondage du Sgen-CFDT envoyé à l’ensemble des personnels des services déconcentrés et aux personnels administratifs de l’académie de Rouen le 5 février, plus de 80% des réponses exprimées  ont souhaité que  la décision du ministre de ne plus fusionner les rectorats s’applique aussi aux académies de Caen et Rouen.

Résultats sondages des personnels : ici

C’est un mouvement de contestation inédit qui s’est installé dans les 2

rectorats. Les HIS réunissent entre 150 et 200 agents à chaque fois, le recteur a été hué par les personnels à Rouen le 25 février, les services sont régulièrement placardés d’affiches « Non à la fusion », les CTA et CTSA sont boycottés, les actions sont médiatisés, tout ce qui permet de rendre visible cette protestation est utilisé.

Cliquez ici pour visionner la réception du recteur : https://www.youtube.com/watch?v=trCCFAhH–0

Malheureusement, et dans le même temps, le recteur répond à la protestation par une accélération du processus de fusion et un brin de provocation. Les CTSA de Caen et Rouen vont être communs, la nouvelle organisation des services, applicable pour 2022 a été dévoilée avant hier et là où on nous parlait d’innovation du schéma administratif, d’inventer un nouveau modèle, la carte des services propose une organisation certes multisites mais avec moitié des services à Caen et moitié à Rouen. Comble de l’aberration, des services à vocation interacadémiques d’orientation, de formation professionnelle ou de relations européennes et internationales (SAIO, DAFPIC, DAREIC) sont présents dans chaque rectorat. A croire que l’échec de la fusion de la DAFPIC a fait renoncer à poursuivre l’expérience ? Cette disposition va engendrer des mobilités géographiques et fonctionnelles importantes contrairement à ce qui avait été promis. L’idée est par exemple d’envoyer toute la DPE qui va gérer les enseignants depuis Caen sauf les contractuels qui seront tous gérés à Rouen avec les administratifs !

 

Les Sgen-CFDT ont reccueilli des témoignages de tous les services montrant l’étendue des difficultés et l’incapacité du Recteur à mettre en oeuvre une méthode pour faciliter un éventuel rapprochement. Alors que durant un an les personnels étaient volontaires pour construire la réflexion, le pilotage a été défectueux et les réunions n’ont accouché que d’une souris. Aucun dialogue social, des décisions à l’emporte-pièce, le culte du secret et l’incompétence ont eu raison de la bonne volonté des personnels et des conditions posées par la CFDT pour accomplir un tel projet de fusion.

FUSION témoignages : ici

Certes, de l’extérieur, fusionner les 2 académies Normandes ne parait pas compliqué au regard de la dimension des territoires, du nombre de personnels et de la démographie mais un tel projet cache une complexité que le ministère et le recteur ont sous-estimé, par précipitation toujours et incompétence très certainement.

Aujourd’hui, la confiance est rompue. Contrairement aux valeurs syndicales de la CFDT, il a été décidé que dans la période, nous rompions tout dialogue avec le recteur. Tout est boycotté jusqu’à nouvel ordre.

Nationalement, la fédération des Sgen-CFDT va transmettre un dossier complet accompagner des témoignages des agents de Caen et Rouen à la DGRH, à la secrétaire générale du ministère de l’Education nationale et à la conseillère sociale du ministre.

Localement, les militants du Sgen-CFDT vont rencontrer les députés de la région Haute-Normandie pour les éclairer sur ce dossier et leur expliquer les conséquences d’une telle fusion pour les personnels et les usagers.

Le service de proximité aux usagers (enseignants ou élèves) va être dégradé du fait de la délocalisation envisagée, c’est toute la connaissance et l’expertise du terrain par les agents qui va ainsi disparaître. La qualité de vie au travail des personnels va être impactée par cette réorganisation. Le nombre de cadres (chefs de division et chefs de bureau) va être réduit de manière drastique. Toute cette organisation trahit les promesses du recteur Denis Rolland.

L’intersyndicale de Caen et Rouen va transmettre une lettre ouverte au premier ministre co signée par l’ensemble des Fédérations de syndicats de l’académie.

C’est pourquoi, le 21 mars, l’intersyndicale, CFDT, UNSA, FSU, CGT, FO, SNPTES, déposera un préavis de grève. Une manifestation est prévue sur le temps du midi.

Pétition en ligne, à signer : ici

 

courrier au premier ministre : ici

Tract intersyndical : ici

Sylvain BERTHAUD